Faites entrer DOCKER
Les serveurs gisaient, malades. « Ça marche sur ma machine » râlait un type dans un coin, pâle. Les environnements étaient des alchimies instables, des cocktails de dépendances qui tournaient au vinaigre au moindre déplacement. Le port a craché du brouillard froid. Docker est arrivé par la mer, dans la brume. Un capitaine sans visage. Il ne réparait rien. Il emballait. Des containers. Des cercueils en acier pour applications. À l'intérieur, tout était figé : l'OS, les librairies, le code. Un microcosme parfait et mort. Il les empaquetait, ces petits mondes, et les empilait comme des conteneurs sur un cargo. Puis il les envoyait. Ils marchaient partout. Toujours pareils. Isolés, stériles, immuables. C'était sa solution à la pourriture du monde réel : ne plus y toucher. Mettre chaque chose dans une boîte, scellée, et jeter la clé. Une élégance terrifiante. Le déploiement était devenu un jeu de Lego silencieux et morbide. Il ne construisait pas. Il embaumait. Et ça marchait.